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L’histoire ne dit pas si l’usage du wargame a eu un impact sur les victoires prussiennes mais nous donne quand même des indices… « Le wargame est à destination des officiers généraux, qui sont les seuls militaires à ne pas pouvoir s’entraîner. C’est embêtant quand même… Ce n’est pas possible de faire manœuvrer toute une armée juste pour que l’officier s’entraîne. Alors les wargames trouvent leur utilité. Ils permettent de faire prendre conscience des différences entre perceptions et réalité du terrain. Plusieurs générations d’officiers prussiens se sont entraînées comme ça jusqu’à leur victoire sur la France en 1870… »

La guerre du jeu

Bien sûr, le monde a changé depuis 1870, et la guerre avec lui. Pour autant, au cours du 20e siècle les armées n’ont pas abandonné l’outil. « Les guerres d’aujourd’hui, plus complexes, sont plus difficiles à modéliser dans un jeu. Il y a eu l’apparition des drones, on ne combat plus en formation serrée, et la létalité des armes a changé aussi, explique Antoine Bourguilleau. Pourtant le wargame reste un outil très prisé. En 2022 il y a même eu une grande compétition internationale de wargame entre académies militaires du monde entier. »

Les militaires ne sont pas les seuls à pousser de la figurine en lançant des brouettes de dés pour imiter des combats. Le wargame connaît aussi un succès croissant auprès du grand public et est devenu un loisir culturel très lucratif.

« Il y a toujours eu beaucoup de clubs de wargame en Normandie, raconte Michel Plumier, modéliste et adepte de wargame qui a monté un club à Caen en 2002. Mais il y a eu un nouvel essor avec les différentes célébrations de bataille. A chaque nouvel anniversaire, on voit débarquer des jeunes qui veulent s’y mettre. »

Les wargames venus d’ailleurs

Mais le véritable boum des wargames ne concerne pas vraiment les reconstitutions de batailles historiques comme le Débarquement de 1944 ou la bataille d’Austerlitz. Les guerres miniatures les plus courantes se déroulent sur Hoth ou Tatooine, en Terre du Milieu ou à Naggaroth, autant de lieux imaginaires des univers fantastiques de Star Wars ou Warhammer. Ces jeux s’appellent Star Wars Legion ou Star Wars Shatterpoint, Warhammer 40K, A Song of Ice and Fire

Mais quel rapport y a-t-il entre des batailles contre des orcs ou des stormtroopers de l’Empire galactique et la réalité de conflits armés meurtriers se déroulant en ce moment en Europe ? « Je connais de nombreux officiers qui étaient des joueurs de 40K et y ont appris leurs premiers rudiments de tactique, explique Antoine Bourguilleau. Avec ce jeu on apprend par exemple qu’il ne faut pas avoir que des gros chars mais des forces équilibrées, variées et complémentaires, on apprend les percées, les manœuvres d’enveloppement ou de freinage, surtout si on joue Eldars… »

« Les officiers doivent savoir trancher »

Les exemples sont ainsi nombreux de rencontres entre adeptes du wargame et miliaires. « L’armée américaine a conçu et répété l’opération Tempête du désert, l’invasion de l’Irak en 1990, avec un wargame. L’état-major a même engagé l’auteur du jeu pour qu’il vienne donner un coup de main… » Pour autant, Antoine Bourguilleau met en garde : les wargames ne sont pas des outils pour gagner des batailles. « Le principal intérêt consiste à savoir concevoir un plan et le dérouler. Le wargame sert à travailler une conception fondamentale : la prise de décision. C’est un invariant de l’histoire militaire d’Hannibal à la guerre du Golfe : les officiers doivent savoir trancher. »

Un savoir-faire que les joueurs de wargames travaillent au cours de longues parties.

« On passe beaucoup de temps à préparer nos parties, confie Thierry, joueur de 40K depuis 30 ans passé à Star Wars Shatterpoint. On lit beaucoup, on travaille nos listes d’armées, on étudie celles de nos adversaires… Mais au moment de la partie, il faut savoir agir vite, se lancer, s’adapter. Le plaisir du jeu c’est à la fois le calme de la préparation des parties, le modélisme, puis l’excitation de la partie. L’un ne va pas sans l’autre ! »

Se poser des questions en lançant des dés

« Jouer au wargame, c’est faire des choix au tour 1 et vivre avec pendant toute la partie. Si on a pris une mauvaise décision, il faut vivre avec, corriger, ne pas s’emballer ni se mettre en danger. C’est intéressant d’explorer tout ça quand on est un jeune officier ! », explique Antoine Bourguilleau pour justifier l’emploi d’un loisir culturel grand public pour un usage sérieux.

« D’un point de vue pédagogique, une partie de wargame c’est quand même plus engageant qu’un cours magistral de 40 slides emmerdantes dans un amphi… Là, en déplaçant les pions autour d’une table, les gens sont acteurs. A l’issue de l’exercice on peut débattre. Un jeu de guerre, ce n’est pas Madame Irma. Ça ne sert pas à résoudre les problèmes mais à se poser des questions. Parce qu’on ne peut pas répondre aux questions que l’on ne se pose pas. » Une vertu du wargame particulièrement mis en avant par les Etats-Unis pour justifier son usage dans la formation d’officiers ukrainiens.

L’avènement de 40K

« Il y a énormément de nouveaux joueurs de wargame et d’adeptes du modélisme mais ça n’a rien à voir avec la guerre en Ukraine, tranche pourtant Axel Daumas, gérant de la boutique de référence Wargame Spirit. Le wargame a connu une nouvelle exposition sur des médias comme YouTube, Twitch et Instagram… Ces jeux sont beaucoup plus exposés aujourd’hui et la passion du wargame, qu’on n’osait pas révélé aux copains -et encore moins aux copines- est devenu plus commune, presque cool. C’est un peu le même phénomène que les collectionneurs adultes de Lego. Aujourd’hui, ils ne souffrent plus des mêmes clichés. Acheter des Lego très chers quand on est adulte, c’est devenu banal. » La tendance des wargames est ainsi décorrélée des guerres actuelles mais pas de l’actualité.

« Pendant le confinement, Henry Cavill a publié des photos de lui en train de peindre des figurines, raconte Axel Daumas. Ensuite il a annoncé qu’il participait à l’adaptation pour Amazon Prime Video du jeu Warhammer 40K. Tom Holland aussi y joue, il joue Necron. En France, on a des gens comme Kev Adams, Alexandre Astier… »

Ou encore Pio Marmai. Une tendance qui se ressent sur le cours en bourse de Games Workshop, leader mondial du secteur du wargame et éditrice de Warhammer 40K notamment.

Wargame partout, vraie guerre nulle part

« Les grandes entreprises liées à la figurine ont compris le regain d’intérêt des jeunes et l’accompagnent avec des jeux plus accessibles, moins complexes dans la prise en main, explique Axel Daumas. Les règles de la plupart des jeux sont appréhendables à partir de 10 ans. Games Workshop fait une nouvelle version de ses jeux tous les trois ans pour permettre à de nouveaux joueurs de rentrer dans le wargame. »

Pour autant, cela ne signifie pas que nous pouvons nous préparer à avoir une génération de génies de tactiques militaires sous peu… « Il y a beaucoup de vertus au wargame, selon Antoine Bourguilleau, mais on ne devient pas officier grâce à ça, ni même militaire. On devient juste un meilleur joueur… »